The Lake Rocks 2026 : on a regardé l’Autriche paddler à fond, et ça nous a donné des idées

Doublé royal du Japonais Shuri Araki, Pampinella en feu sur la technical, 787 paddlers : on revient sur The Lake Rocks 2026 à Villach (Autriche), le festival SUP autrichien qui fait rêver les paddleurs d'Annecy.

Peloton de paddleurs sur le lac Faak en Autriche lors de la Long Distance Race du SUP Alps Trophy The Lake Rocks, avec les montagnes des Karawanken en arrière-plan
Le peloton de la Long Distance Race sur le Faaker See — © Paddelstadt.at | Andy Klotz Photography

Pendant qu’on rangeait nos paddles après le pont de l’Ascension, à 700 km à l’est de chez nous, près de mille paddlers de toute la planète se sont retrouvés sur le lac Faak en Carinthie autrichienne pour la 6e édition du Lake Rocks Festival, manche-phare du SUP Alps Trophy et du circuit mondial ICF. Quatre jours de course, quatre disciplines, une étoile japonaise de 19 ans qui débarque et casse la baraque, et un message limpide pour nous, paddlers du lac d’Annecy : la planète SUP race tourne, elle tourne vite, et elle nous tend les bras.


Lake Faak, capitale mondiale du paddle pendant 4 jours

Vue aérienne du ponton de départ du SUP Festival The Lake Rocks sur le lac Faak
Vue drone du départ — © Paddelstadt.at | Andy Klotz Photography

Du 14 au 17 mai 2026, le petit lac Faak (Faaker See en allemand), niché entre Villach et la frontière slovène, est devenu le centre du monde pour les amateurs de stand up paddle. Eau turquoise, montagnes des Karawanken en arrière-plan, village paddle qui s’étire le long de la plage : si on devait dessiner le décor parfait pour une course de SUP, ça ressemblerait furieusement à ça.

Le Lake Rocks, c’est l’ouverture officielle de saison du SUP Alps Trophy, le circuit historique qui réunit les plus belles courses des lacs alpins côté Autriche-Allemagne depuis plus de dix ans — l’équivalent germanique de notre Alpine Lakes Tour côté français-suisse. Mais c’est aussi, et c’est ce qui fait la différence, une étape du ICF SUP World Ranking Series — le circuit officiel de la Fédération Internationale de Canoë, qui distribue des points pour le classement mondial et envoie les meilleurs vers les Championnats du Monde (cette année à Sabaudia, en Italie, du 14 au 18 octobre — pratique, c’est à six heures de route d’Annecy).

Résultat : sur la ligne de départ, on retrouve à la fois des familles venues paddler en mode week-end actif, le club autrichien du coin avec ses débutants en combinaison shorty, le Hongrois qui a fait douze heures de route pour défendre les couleurs nationales… et les tout meilleurs paddleurs de la planète, fixés sur leur GPS, prêts à tout casser pour quelques points et quelques milliers d’euros de prize money.

Cette année, l’organisation Paddelstadt — la « ville du paddle » en allemand, c’est tout dit — a recensé 787 inscrits au 8 avril, dont 472 hommes et 315 femmes, du U12 (les minots) au Kahuna 60+ (les vétérans qui pagaient mieux qu’à 30 ans). Un standing comparable à notre GlaGla Race, la plus grosse course SUP d’Europe en hiver. Deux festivals quasi-jumeaux à six mois d’écart sur les lacs alpins : Annecy en janvier, le Faaker See en mai. Notre saison se dessine.


Le palmarès 2026 : la nouvelle garde japonaise débarque

Le festival proposait plusieurs courses : Long Distance (longue distance, l’épreuve reine), Technical Race (parcours technique avec virages serrés autour de bouées), Speed Race (sprint pur), plus les courses by night, team race et City Race en marge. Voilà ce qu’il faut retenir des podiums majeurs comptant pour le classement mondial ICF.

Hommes : Shuri Araki signe un doublé royal pour ses débuts

À 19 ans, Shuri « Shrimpy » Araki est officiellement la nouvelle terreur du circuit mondial. Le Japonais débarquait pour la première fois sur le Lake Rocks, sans pression apparente, et il est reparti avec deux médailles d’or sous le bras.

Sur la Long Distance, il s’impose en 1h09’31″56, après un duel contre son compatriote Rai Taguchi (1h09’37″02). Le bronze va au Hollandais Donato Freens (1h09’44″36) — celui-là même qui avait raflé deux titres ici en 2025. La passation de pouvoir est nette : un nouveau patron est en ville, et il a la moitié de l’âge des cadors.

Sur la Technical Race, rebelote : Araki s’envole, devançant l’Espagnol Aaron Sanchez (argent) et l’Allemand Normen Weber (bronze). Le Japonais coche la case « double » pour ses débuts autrichiens. On notera la performance solide de Weber, mastodonte allemand habitué des podiums et qui prouve qu’à plus de 40 ans, on peut encore taquiner les meilleurs.

Femmes : duel ibérique en distance, Pampinella en feu sur le technique

Côté féminin, c’est la rivalité Espagne-Italie qui a tenu tout le festival en haleine.

Sur la Long Distance, deux Espagnoles ont mené la danse : Esperanza Barreras s’impose en 1h14’02″49, à peine trois secondes devant sa compatriote Duna Gordillo (1h14’05″15). L’Italienne Cecilia Pampinella complète le podium pour 1 seconde et 7 dixièmes (1h14’06″877). Trois pagayeuses dans le même mouchoir après plus d’une heure de course, c’est l’image qui résume le niveau de cette discipline aujourd’hui.

Sur la Technical Race, Cecilia Pampinella prend sa revanche et s’offre l’or, devant la Hongroise Csillag Kocsis (la championne d’Europe), Gordillo et Barreras. Quatre nations, quatre championnes : ces filles-là sont nos modèles, et on ferait bien d’aller les voir en vrai.


Ce que le Lake Rocks nous dit, à nous paddlers d’Annecy

Soyons honnêtes : on n’est pas obligés d’avoir 19 ans et un GPS Garmin Forerunner pour s’intéresser à ce qui se passe à Villach. Au LAPC, on regarde le Lake Rocks pour trois bonnes raisons.

1. C’est notre famille élargie. Les lacs alpins forment un cercle naturel : Annecy, Bourget, Léman, Maggiore, Garde, Constance, Carinthie… Le SUP Alps Trophy relie ces plans d’eau dans un même circuit, et nos paddlers locaux qui ont déjà tenté le coup en Italie ou en Suisse savent à quel point on se sent à la maison. Même type d’eau (douce, fraîche, parfois capricieuse), même décor (les montagnes au bout de la planche), même esprit (on court le matin, on apéro le soir).

2. Le festival, c’est exactement le format qui marche. Quatre jours, plusieurs disciplines, animations, musique live, ambiance villageoise, exposants. C’est ce qui rend l’événement accessible à un débutant ET excitant pour un compétiteur. À méditer : nos sorties club et nos événements futurs gagneraient à s’inspirer de cette logique multi-format, multi-niveau, multi-générationnel.

3. C’est l’année parfaite pour aller voir ailleurs. On ne va pas se le cacher : la GlaGla Race prend une année sabbatique en 2026 pour mieux revenir en 2027. Pour les habitués de la course annécienne, le Lake Rocks est une alternative-bonbon : un événement à taille humaine mais avec une vraie densité internationale, à moins de 7 heures de voiture (ou un vol low-cost vers Klagenfurt), sans la pression des Mondiaux, et avec un cadre à tomber par terre.


Et concrètement, on en fait quoi cette saison ?

Le SUP Village du festival The Lake Rocks : exposants, marques et paddleurs au bord du lac
Le SUP Village, cœur battant du festival — © Paddelstadt.at | Andy Klotz Photography

Aller voir sur place (oui, vraiment)

Le Lake Rocks 2026 vient de se terminer, donc l’idée serait plutôt de bloquer la 7e édition dans son agenda. Les dates ne sont pas encore officiellement annoncées, mais l’événement se tient traditionnellement mi-mai. Le format permet de :

  • Courir sa propre course (catégories d’âge bien rangées, du U12 au 60+, en Open ou en Race)
  • Ou venir en simple spectateur passionné, prendre des notes, faire des stories, ramener l’inspiration au club

Si on est plusieurs intéressés, on pourrait monter un mini-déplacement club au printemps 2027. À discuter à la prochaine sortie.

Préparer le retour de la GlaGla en 2027

L’année sabbatique de notre course locale, ce n’est pas une perte de temps : c’est une année pour s’entraîner autrement, pour aller chercher des sensations sur d’autres plans d’eau, pour rentrer plus fort à la maison. Les meilleurs paddleurs internationaux ne courent pas tous les week-ends — ils alternent les pics et les périodes de découverte. Ça, on peut le copier sans complexe.

S’inspirer pour nos sorties club

Plusieurs idées à piquer au Lake Rocks pour les rendez-vous LAPC de l’été et de l’automne :

  • Un format multi-épreuves sur un même week-end (technical le matin, long le dimanche, sprint pour les fous)
  • Une manche by-night dans l’esprit « City Race » — sur les quais d’Annecy au coucher du soleil, ça aurait de la gueule
  • Le concept « festival » plutôt que « course pure » : un peu de musique, un peu d’apéro, beaucoup de paddle et zéro intimidation pour les nouveaux

Le mot de la fin

Paddleurs et famille SUP célébrant ensemble au bord du lac Faak lors du festival The Lake Rocks
L’esprit du festival : la grande famille du paddle alpin — © Paddelstadt.at | Andy Klotz Photography

Le Lake Rocks 2026, c’est l’histoire d’un sport qui mûrit sans perdre son âme. Plus de joueurs, plus de nations, plus de spectacle — mais toujours le même décor de carte postale, la même bouffée d’oxygène au milieu des Alpes, la même bande de passionnés qui se reconnaissent à leur leash et à leur sourire après l’arrivée.

À Annecy, on a la chance d’avoir un des plus beaux plans d’eau du monde pour s’entraîner. Le Lake Rocks nous rappelle qu’on n’a pas à rester chez nous pour exister sur la scène internationale du SUP — il suffit de mettre la planche sur le toit, de prendre l’autoroute (ou l’avion), et d’aller saluer la grande famille européenne du paddle.

À très vite sur l’eau du lac. Et qui sait, peut-être à Villach en 2027.


Sources

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